Sanctuaire Notre-Dame de Grâces

" Qu’ on vienne en procession ici à Cotignac pour recevoir les dons que je veux y répandre "

Vraiment, Tu es Fils de Dieu !

Jésus, après la première multiplication des pains, a demandé à ses disciples de le devancer sur l’autre rive de la mer de Galilée (alias le lac de Tibériade, d’une superficie de 166 km2), pendant qu’il renverrait les foules. Il va prier seul sur la montagne une grande partie de la nuit, laissant, à dessein, les siens dans l’adversité, privés de sa présence. Fin pédagogue, Notre-Seigneur sait combien ces hommes sont lents à croire, combien leur foi en Lui a besoin d’augmenter (Lc 17,5). Rappelons-nous que lors d’une précédente tempête de lac, il était avec eux, « endormi » dans la barque, avant de faire revenir le calme. Cette fois, il les laisse seuls dans la tourmente, une partie de la nuit, avant de leur donner un autre signe probant que les éléments lui obéissent.

À la quatrième veille de la nuit (entre 3h et 6h), il les rejoint au milieu du lac tempétueux, en marchant sur les flots. Marcher sur l’ élément liquide, ce n’ est pas courant, et trouille carabinée pour les embarqués: « C’est un fantôme ! »…

Nous savons que l’eau, dans la Bible, est ambivalente : source de vie comme source de mort, avec en particulier « Léviathan, le dragon de la mer » (Is 27,1) symbolisant le chaos et le mal. L’Apocalypse mentionne « la Bête de la mer » (Ap.13,1), aux ordres du Dragon, l’antique Serpent, le Diable » (Ap.12,9). On notera que Léviathan est aussi nommé « le serpent fuyard, le serpent tortueux » (Is 27,1).

Ainsi donc, Jésus marchant sur les eaux démontées, cela exprime qu’il domine le mal et son auteur,  et qu’il peut nous en préserver.

Et c’est là qu’intervient Pierre, celui à qui Jésus donnera plus tard mission d' »affermir ses frères » après l’avoir affermi lui-même contre les attaques de l’Adversaire (Lc 22,32). La leçon commence lorsque Jésus avançant sur l’eau, hors des lois de la nature, invite Pierre à le rejoindre. Celui-ci obtempère, et réalise l’invraisemblable, marchant à son tour sur l’eau ! Pas longtemps: apeuré par la violence du vent, il se dégonfle et commence à couler, vite secouru par Jésus.

Car, pour être vraiment assurés que Jésus est vainqueur du mal et qu’Il peut nous secourir en toutes circonstances, il y a une condition expresse : ne pas en douter ! Pierre nous l’enseigne, à ses dépens !

Nous devons toujours plus fortifier notre foi, augmenter notre confiance en Jésus Sauveur, capable, et Lui seul, de tirer pour nous un bien de n’importe quel mal ! Saint Pierre, sauvé des eaux, l’aura appris pour s’ancrer plus dans la foi, même si nous savons qu’il lui reste encore un triple reniement à expier pour passer de patron pêcheur pécheur à Pasteur, chef de l’ Église universelle du Christ ! Seigneur, nous le croyons, Tu es vraiment le Fils de Dieu !

  Fr. Jean-Marie-Baptiste