Sanctuaire Notre-Dame de Grâces

" Qu’ on vienne en procession ici à Cotignac pour recevoir les dons que je veux y répandre "

1- UNE THEOLOGIE DES REPAS

L’EUCHARISTIE

C’est le testament du Seigneur. Nous savons, dans la tradition africaine, qu’un ancien avant de mourir appelle l’héritier et lui livre tous les secrets de Sagesse qu’il veut lui transmettre et qu’il n’a pas encore communiqué.
Le Seigneur s’est fait homme, il assume toutes nos cultures dans ce qu’elles ont d’humain mais aussi il les transcende et les ouvre vers quelque chose d’infini, de plus grand. C’est là qu’il nous faut être attentif, tout éveillé dans notre foi pour garder ce qu’il a fait et laisser l’Esprit Saint enseigner à l’Eglise dans le secret la signification de ce geste ; « Il prit du pain, le bénit et le leur donna » au cours du dernier repas qu’il prit avec eux.

Au cours d’un repas
Pourquoi le Seigneur a-t-il institué l’Eucharistie au cours d’un repas ?
Il nous faut tout d’abord réfléchir sur l’expérience humaine de nos repas. Il en existe deux catégories : le repas familial et le repas entre amis.
Dans le repas familial, c’est souvent grâce au travail du père que la mère peut préparer la nourriture. Elle prépare quelque chose qui est adapté à l’âge, à la condition et à la situation de chacun. Une mère sait qu’il doit y avoir à certaines occasions des repas de fêtes, cela permet à la famille de se retrouver dans la joie. Le repas crée une certaine unité, une unité très fondamentale liée à la nécessité de se nourrir pour vivre. C’est pourquoi un repas partagé en famille uni la famille d’une manière très fondamentale. Il y a au moins un lieu où l’on se retrouve ensemble, où l’on est obligé de faire attention aux autres, où l’on peut se parler et informer les autres. Celui qui aura le cœur le plus aimant saura comment animer ce repas pour qu’il y ait un véritable échange et une joie partagée.
Le repas amical possède un caractère particulier. C’est une célébration de l’amitié. Il y a quelque chose de plus que dans le repas familial : plus de nourriture, plus de qualité dans les mets, plus de beauté, plus de vin. Il s’agit de manifester à l’autre une affectueuse attention. Au cours de ces repas les langues se délient et les échanges sont souvent plus simples et l’on se connaît mieux.
Pour le Seigneur, il institue l’eucharistie au cours d’un repas liturgique que le peuple hébreu devait célébrer tous les ans en mémoire de ce premier repas pris à la hâte le jour où le Seigneur les délivra des mains des Egyptiens. C’est pour Israël, une manière de garder en son âme cette reconnaissance de la sollicitude de Dieu à son égard. Le jour de leur délivrance, les hébreux devaient célébrer ce repas debout, les reins ceins, le bâton à la main, ils devaient égorger un agneau, répandre son sang sur le linteau de leur porte pour se protéger lors du passage de l’ange exterminateur, le faire rôtir, ne pas lui briser les os, le manger avec des herbes amers et du pain non levé.

Les cinq repas du Seigneur
Si l’ancien testament est ponctué par des sacrifices, la nouvelle alliance l’est par des repas. Dans l’ancienne alliance il s’agissait pour Dieu de former un homme religieux et de lui apprendre à rendre un culte en esprit et en vérité. En lui demandant d’offrir, en sacrifice d’holocauste une tête de son bétail, Dieu apprenait ainsi à l’homme à lui offrir quelque chose auquel il tenait beaucoup. Il devait l’offrir avec un cœur pur : c’est-à-dire que l’offrande du sacrifice extérieur devait être accompagné d’un sacrifice intérieur, d’une intention de s’offrir tout entier à Dieu dans un acte d’adoration. Saint Jean relate cinq repas dans son évangile qui nous font découvrir cinq aspects du mystère de l’Eucharistie.
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