Sanctuaire Notre-Dame de Grâces

" Qu’ on vienne en procession ici à Cotignac pour recevoir les dons que je veux y répandre "

Que chacun pardonne du fond de son cœur.

Nous abordons un sujet sensible avec l’évangile du jour : le pardon !

Dans ce passage, nous voyons Pierre prêt à pardonner jusqu’à sept fois, alors que le judaïsme de son temps ne préconisait qu’un maximum de trois pardons. Généreux, Pierre, mais encore bien éloigné des exigences de Jésus : pardonner jusqu’à soixante-dix fois sept fois !

Il y a un parallèle à faire avec Gn 4,24, qui nous présente un descendant de Caïn, Lamek, assoiffé de vengeance : « Caïn sera vengé sept fois, mais Lamek soixante-dix-sept fois. »

C’est cette spirale infernale de l’offense appelant sans fin la vengeance que Jésus veut briser. Parce que le premier offensé, c’est Dieu Lui-même ! En effet, notre péché, celui de l’humanité entière, reçoit une certaine infinité en raison de l’infinie majesté divine, l’offense étant d’autant plus grave que l’offensé est de haut rang. Dès lors qu’il s’agit de Dieu Lui-même, on saisit que seule son infinie Miséricorde a pu effacer notre insolvable dette. C’est précisément son exemple qu’il nous est demandé de suivre, la grâce aidant : « Vous, donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait. » (Mt 5,48).

Si Jésus a accepté l’opprobre pour nous réconcilier avec le Père, n’allons pas, en gardant rancœurs et rancunes, rendre vaine la Croix où, en sa personne, il a tué la Haine (Ep 2,14) … Quand nous ne voulons pas accorder notre pardon à qui le demande, nous devenons chacun le « débiteur impitoyable » qui réclame ses cents misérables pièces d’argent, alors qu’il est quitte d’une dette énorme dont Dieu lui a fait grâce !

Seigneur, que nous sachions, à ton exemple et pour te plaire, choisir le pardon plutôt que la vengeance, la miséricorde qui panse plutôt que la justice qui tranche.

                                                                                                  Fr Jean-Marie-Baptiste