Sanctuaire Notre-Dame de Grâces

" Qu’ on vienne en procession ici à Cotignac pour recevoir les dons que je veux y répandre "

Je suis le Pain vivant descendu du Ciel

Dans l’Ancien Testament déjà, la Sagesse « appelait à manger le pain et à boire le vin qu’elle avait préparés. » (Pr 9,55), préfiguration de Jésus, la Sagesse incarnée, le Pain vivant descendu du Ciel qui se donne en nourriture.
Ayant en tête la demande du Pater noster (donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien), faisons tout d’abord le parallèle entre la manne et le pain
eucharistique.
La manne qui a nourri dans le désert, 40 ans durant, le peuple de Dieu,
descendait bien du ciel, mais ne nourrissait que pour la vie d’ici-bas. (cf. Ex 16).
Jésus, le Verbe de Dieu incarné, Pain vivant descendu du Ciel, se donne en
nourriture spirituelle de notre âme pour ici-bas et pour le Ciel.
« Je suis le Pain », qu’est-ce à dire ? Saint Jean Chrysostome nous dit que « le pain dont Il parle ici, ce sont les vérités du salut, la foi que nous devons avoir en Lui, toutes choses qui conservent la vie de l’âme. » (Homélie 46).
« Le pain que je donnerai, c’est ma chair pour la vie du monde. », cela se réalise à la Croix où Jésus devient le pur froment de Dieu, moulu par le péché du monde, comme saint Ignace d’Antioche, un peu plus d’un siècle plus tard, deviendra « froment moulu sous la dent des fauves pour devenir le pur pain du Christ. » (Lettre aux chrétiens de Rome, IV).
En donnant sa chair pour la vie du monde, en mourant et en ressuscitant, Jésus détruit la mort spirituelle qui pesait sur l’humanité.
Pourquoi donne-t-Il le nom de « pain » à sa propre chair ? Parce que l’Esprit Saint, lorsque nous prenons le pain eucharistique, nous incorpore au Christ dont nous recevons alors la vie.
Et c’est pourquoi, communiant à Celui qui est la Résurrection et la Vie, il nous est promis la vie éternelle.
« Ma chair est vraiment une nourriture et mon sang est vraiment une boisson », car la nourriture véritable est celle qui donne le salut à notre âme et nous fait demeurer en Lui comme Il demeure en nous. Ce qui confirme la promesse de vie éternelle : « Comme Je vis par le Père, celui qui me mange vivra par moi, et vivra à jamais. » (Jn 6, 56-57).
Évitons 2 écueils : primo, nous ne sommes ni des anthropophages ni des
cannibales, car nous nous nourrissons de la chair vivifiante du Christ qui est celle du Verbe incarné, nourriture spirituelle pour notre âme immatérielle, pas pour notre corps physique.
Secundo, bien entendu, il ne s’agit nullement de dévaloriser la nourriture, véritable elle aussi !

Fr. Jean-Marie-Baptiste