JUSQU'A NOS JOURS
La grande renommée, les pèlerinages nombreux, la présence et l'activité pastorale des Pères Oratoriens marquèrent la vie des deux sanctuaires de Cotignac jusqu'à la révolution. L'histoire profonde, celle des grâces reçues, demeure pour l'essentiel ici-bas le secret des âmes et de Dieu. La tourmente de la révolution française allait durement secouer ces lieux bénis.
DE LA RÉVOLUTION À L'APRÉS GUERRE
Dans la tourmente révolutionnaire.... : A Cotignac, pendant plus de deux ans, on oublia de faire prêter aux
Pères de Notre-Dame de Grâces le fameux serment - qui était
en fait une inféodation au pouvoir et à son idéologie.
C'est que la population unanime ne voulait voir les Pères partir à
aucun prix (leur curé, lui avait déjà dû partir).
C'est fin 1792, que les délégués de la Convention à
Barjols, qui détenaient le pouvoir, décidèrent la mise
en application aux Sanctuaires de Cotignac des décisions prises à
l'encontre de l'Église en France: dissolution des communautés
religieuses et confiscation des biens de l'Église. Telle fut la fin
des pèlerinages, au XVIIIème siècle.
En vertu de l'inique 'loi des suspects", entre 160 et 200 personnes allaient
bientôt être emprisonnées dans l'ex-monastère oratorien
sans jugement, sans défense et maltraitées, ainsi qu'un témoignent
les archives mêmes de Cotignac. Grâce a Dieu, en juillet 1794,
la chute du tyran idéologue Robespierre leur valut de recouvrer la
liberté alors qu'ils allaient être envoyés à Orange,
où leurs noms auraient allongé la liste des victimes de la Révolution
et de sa guillotine...
La statue et le tableau sauvés par des jeunes filles
de Cotignac
En 1793, les deux Sanctuaires avaient donc été déclarés
"biens nationaux", i.e. "nationalisés" sans indemnité.
Dès 1795, on parla de les vendre, mais l'affaire traîna. Ici
se place une histoire dont les héroïnes sont trois jeunes filles
de Cotignac, Rose, Euphrasine et Thérèse Gérard. Ces
trois soeurs avaient résolu de sauver de Notre-Dame ce qui pouvait
l'être encore (le sanctuaire avait déjà été
dépouillé de ses vases sacrés, chandeliers, etc ... ).
De nuit, elles pénétrèrent dans la chapelle, emportèrent
le tableau et la statue (qui pèse un bon poids) et dissimulèrent
leur trésor à Cotignac. Cela nous vaut de les voir aujourd'hui
!
Il était temps, car la démolition des bâtiments, monastère
et chapelle, allait commencer. Ils avaient été vendus par lot
à 7 acquéreurs, en tant que sources de matériaux de réemploi!
Le Sanctuaire de Saint Joseph, très à l'écart fut sauvegardé
(le temps y fit néanmoins son oeuvre). Lors de la démolition
des murs de Notre-Dame, la plaque commémorative de Louis XIV fut acheminée
à son tour chez les Gérard; mais les armoiries royales en avaient
été déjà effacées.
Les pèlerinages voient un renouveau... : Le concordat de Napoléon (1801) rétablit une paix religieuse
et créa les Fabriques d'église pour être propriétaires
des biens que l'Etat voulait restituer à l'Eglise (essentiellement
des églises et leur presbytère).
A Cotignac, en 1809, le voeu général des habitants était
que le Sanctuaire de Notre-Dame fût rebâti, selon les termes mêmes
de l'acte passé avec la Fabrique d'église de Cotignac, par lequel
les sept propriétaires (dont le maire!) restituaient gracieusement
les lieux. Cela se passait à l'issue d'une mission de prédication
mémorable. Animée par le Père Gal, revenu d'exil, la
Fabrique reçut bientôt assez de dons pour que des travaux commencent
(février 1810). On s'épargna de relever le transept de droite
et, sans attendre la fin complète des travaux (octobre 1811), une immense
cortège monta fêter la Nativité de la Vierge Marie sur
la colline: l'auguste chapelle était rendue au culte, le tableau miraculeux
remis en place et la statue réintronisée, tels qu'on peut les
voir aujourd'hui (on replaça également la plaque de Louis XIV).
L'émotion des Cotignacéens était grande ; le souvenir
de cette journée de 1811 fut gardé et, chaque année,
la fête du 8 septembre le rappellera.
Les circonstances ont changé : Les pèlerinages allaient-ils reprendre comme avant ? D'abord, il n'existait
plus un arbre autour de l'église, et on ne marchait que sur des décombres
. De surcroît, l'accès au sommet de la colline était devenu
très malaisé. Enfin et surtout: il n'y avait plus de chapelains
permanents. Un curé ne peut se démultiplier; il se doit à
sa Paroisse, les deux sanctuaires passant au second plan. Certes, aux fêtes,
il y avait de grands pèlerinages ; mais entre-temps, rien. Le problème
resta sans solution jusqu'après la guerre de 1940.
La période à partir de la 3ème République fut
marquée spécialement à Cotignac par un fort esprit anti-chrétien;
en 1946, 7 enterrements sur 10 étaient civils.
APRÉS LA DERNIÈRE GUERRE:
LE RETOUR DES RELIGIEUX
Après 150 ans d'absence, en la fête du 2 février 1946,
une communauté religieuse revenait sur la colline: ce furent d'abord
les Oblats de Marie Immaculée (O.M.I).
Quelques épisodes marquants : En 1938, pour le 300ème anniversaire du Voeu de Louis XIII , le Sanctuaire
avait été remis à neuf, et la colline rasée pour
faire place aux 30 000 pèlerins attendus. Le jour de la fête,
7 août, ils étaient le double! C'est ce jour-là que le
tableau et la statue reçurent leurs couronnes.
Après la fête, on pensa plus que jamais à l'établissement
de religieux sur la colline; mais la guerre remit les projets à plus
tard. Les Pères Oblats arrivèrent en 1946.
Le travail que firent les Pères Oblats pour Notre-Dame et Saint Joseph
- et leurs pèlerins - fut remarquable. En 1950, la statue dorée
de Notre-Dame fit un voyage à Rome, à l'occasion de la proclamation
du dogme de l'Assomption. En son honneur, le 14 août, on organisait
une célébration à Saint-Louis-des-Français, en
présence de 48 Évêques et Cardinaux.
Avec la jeunesse de Cotignac, les Pères entreprirent bientôt
les gros travaux qui s'imposaient pioche en main! D'abord, ce fut l'adduction
d'eau jusqu'au sommet de la colline (années 53-54). Enfin, jusqu'en
56, la construction de la route par laquelle vous arrivez en voiture et qui
jusqu'en 78, n'était encore qu'empierrée! Ce fut le renouveau
de Cotignac.
Ensuite arrivèrent les Frères de Saint Jean
Les apparitions de Notre-Dame de Grâces à Cotignac
Notre-Dame de Grâces et la naissance
de Louis XIV
L'apparition de St Joseph à Cotignac
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