Sanctuaire Notre-Dame de Grâces

" Qu’ on vienne en procession ici à Cotignac pour recevoir les dons que je veux y répandre "

Celui que tu aimes est malade

La résurrection de Lazare (de l’hébreu Éléazar, « Dieu aide ») est pour nous révélatrice d’espérance, nous qui savons que la mort est « le rendez-vous des vivants » (Job 30,23) et qui pouvons en être effrayés, révoltés ou attristés…

D’abord, la mort est un sommeil dont on se réveille. Que la mort soit effective (notre dernier souffle est rendu) ou, comme ici « pour la gloire de Dieu, afin que le Fils de Dieu soit glorifié »( Jn 11,4), elle est transitoire : de la vie terrestre, nous passons à la vie éternelle promise par le Christ (1 Jn 2,25), le premier Ressuscité, le vainqueur de la mort, de manière irrévocable.

Ensuite, Jésus tient à nous, plus qu’on ne saurait le croire ou même l’imaginer ! Il ne nous appelle plus serviteurs, mais amis (Jn 15,15), et tout comme pour Lazare, il brave l’hostilité du diable, l’ennemi véritable, pour nous rendre la vie.

Et encore, toujours source d’espérance : la résurrection promise à tous et chacun est essentielle pour la compréhension et l’acceptation de notre vie en cette « vallée de larmes » (« lacrimarum valle » de l’antienne du Salve Regina) car sans cette perspective, vaine est notre foi (1 Cor 15,14), inaboutie notre existence qui se trouverait spoliée de son héritage divin. La petite Thérèse (c’est elle-même qui, humblement, a demandé à être appelée ainsi) aimait redire que « le Ciel est l’unique but de tous nos travaux» ; or, que serait un Ciel sans résurrection, sinon une simple vue de l’esprit, à la façon de l’humoriste Woody Allen pour qui « l’éternité, c’est long, surtout vers la fin » ?!

Enfin, belle et solide espérance qui repose sur notre foi : Jésus est bel et bien notre Sauveur, puisqu’il « n’y a pas sous le ciel d’autre nom que celui de Jésus Christ donné aux hommes, par lequel il nous faille être sauvés. » (Ac 4,12). Ce salut fait céder la mort, jusqu’alors  infranchissable, terme incontournable pour tout un chacun, insondable mystère. Ce salut, nous le devons à la mort rédemptrice du Christ qui veut nous voir « fructifier pour la sainteté dont l’aboutissement est la vie éternelle »(Rm 6,22).

Seigneur Jésus, à qui d’autre irions-nous, toi qui a les paroles de la vie éternelle, toi qui est la résurrection ! (Cf. Jn 6,68 et Jn 11, 25). Qu’au soir de notre existence, notre âme s’élance vers toi sans nulle entrave, pour une éternité d’amour et de lumière trinitaires !

Fr Jean-Marie-Baptiste